Robert Ponvianne

Comme la plupart des jeunes des années 1960, Robert a été élevé musicalement au rythme et au son de l’émission de radio culte : « Salut les copains » animée par Daniel Filipacchi. C’est d’ailleurs sur la revue du même nom qu’il a appris à plaquer ses premiers accords pour accompagner les tubes des vedettes de l’époque : les Surfs, Sheila, Eddy Mitchell et les Chaussettes noires, Richard Anthony, Johnny Hallyday, Hugues Auffray et tous les autres.

La première guitare, un magnifique instrument rouge laqué, par ailleurs, injouable, avait été échangée à un copain qui l’avait, lui-même gagnée dans une loterie de fête foraine. C’était néanmoins avec ce « bijou » que, sous le préau de l’immeuble qui faisait office de chambre d’amplification et de chambre d’écho, Robert accompagnait rageusement son répertoire, toujours tiré des pages de la célèbre revue ; l’histoire ne donne pas de détails sur la réaction des voisins.

Quant à la formation musicale académique, elle a été très succincte ; très vite, le musicien en herbe a compris que ses « qualités d’oreille » lui permettaient de gagner du temps et le recours à la théorie se faisait au fil des obstacles rencontrés dans l’apprentissage des chansons.

Ainsi, les années sont passées, empreintes des différentes tendances musicales : variétés, rythm and blues, rock, pop, jusqu’à la rencontre avec un pianiste, alors en pointe dans les orchestres de bal de la région : Claude, qui va introniser Robert dans le monde des musiciens de « baluche du samedi soir ». L’ami Claude disparu dramatiquement dans un accident de la route, Robert, de salle des fêtes en chapiteaux, va se faire un devoir de continuer son parcours de musicien amateur à la mémoire de son pote. Pendant plus de quinze ans, tous les styles vont passer sous les doigts du guitariste de l’orchestre « René Claude » ; ce sera l’occasion de découvrir entre autres, la richesse harmonique et technique de nombreuses pièces de musette dont le son de l’accordéon prenait parfois des allures ringardes au milieu des rythmiques et des chorus endiablés du rock ou de la pop. Les longs déplacements du week end, l’agression répétée des décibels, la fatigue du retour à la semaine de travail mais aussi l’avènement d’une nouvelle génération de jeunes loups aux dents longues, autoproclamés musiciens professionnels, ont ramené l’amateur à des valeurs plus classiques : la famille, le métier, le sport.

Certes, la guitare n’est jamais restée très longtemps dans sa housse, mais sans la perspective de se produire devant un public, l’artiste perd un peu de sa motivation. Cette perspective, c’est Jean Pierre MARTIN, le conteur qui, à l’issue d’une fête entre amis, va l’offrir à Robert au travers d’un défi : monter un spectacle basé sur le récit mais soutenu et illustré par la musique. Le montage, en 2007, de « Quand les esclaves noirs nous racontent » a remis le guitariste à l’ouvrage sur de grands standards de jazz merveilleusement interprétés par Laureline, puis le succès auprès du public a incité les trois complices à se lancer dans un récit de vie : c’est « Rose » qui, désormais, fait battre le cœur du trio dans lequel Anne a magistralement pris la suite de Laureline. Robert le guitariste, quant à lui, a élargi sa participation en composant plusieurs pièces musicales du spectacle, en assurant la direction artistique et en ajoutant sa voix à celle de la chanteuse.